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LePhoceen.fr, l'Université
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Interview de Samassa de Juin 2007 (Yahoo Sport):
Inconnu il y a un an, Mamadou Samassa sort grandi d’une première saison en pro où il a découvert la L1 et les Espoirs. Mais il n’oublie pas que le chemin de la réussite a été parsemé d’embûches.
Mamadou Samassa, comment se passent vos vacances après une première saison en pro avec Le Mans ?
Elles se passent bien. Demain (ndlr : aujourd’hui), je pars au Sénégal pour quinze jours. Etant en partie d’origine sénégalaise, je vais voir ma famille. Cela fait quatre ans que je n’y suis plus retourné. Je m’attends à un accueil chaleureux et convivial. Désormais, les gens me connaissent car ils ont vu mes matchs avec le MUC.
Quel bilan tirez-vous de votre première saison en professionnel avec Le Mans ?
Cette année s’est révélée positive, vu qu’il s’agissait d’une première. Auparavant, je n’avais jamais joué en Ligue 1. Malgré tout, après avoir inscrit rapidement deux buts en début de saison, je pensais faire mieux. J’espérais atteindre les huit ou neuf réalisations en fin de championnat. Etre constant est difficile. C’est pour cette raison que je ne suis pas totalement satisfait. Mais je n’oublie que j’étais en phase de découverte.
Le haut niveau vous a-t-il réservé des surprises ?
Pas vraiment car on m’avait mis en garde. Le niveau professionnel correspond à l’idée que je m’en faisais : beaucoup de duels et des matchs intenses qui requièrent d’être sérieux en permanence.
Quel est votre meilleur souvenir ?
Mon but contre Valenciennes, qui est le premier en L1. Je m’en souviendrai toute ma vie, d’autant que l’équipe s’était imposée.
A contrario, quel est le pire moment ?
La défaite en Coupe de France contre Marseille. On voulait aller aux penalties car avec un Yohan (Pelé) dans un grand soir, on pouvait se qualifier. Mais l’OM a marqué à la dernière seconde de la prolongation…
« Mon enfance n’a pas été facile »
Inconnu à l’orée de la saison, vous voilà sur le devant de la scène au Mans et sélectionné chez les Espoirs. Comment vivez-vous ce changement de statut ?
Je le vis bien. C’est dans la continuité des objectifs que je m’étais fixé. Comme je les ai atteints, j’en vise d’autres : évoluer un jour dans un grand club qui dispute la Coupe d’Europe, remporter des titres, intégrer l’équipe de France A. Mais tout cela ne me tracasse pas. Je ne me prends pas la tête.
Comment faites-vous pour prendre autant de recul ?
C’est dans ma nature. Je suis un être calme et posé. Je sais ce que ça signifie d’être sur le terrain. Car avant d’en arriver là, j’ai galéré. Lors de mes deux années stagiaire, j’ai été blessé quatre puis six mois. Cela a été dur à vivre. Je voyais mes potes avancer et tutoyer le monde pro pendant que je ne jouais même pas en CFA. Finalement, cela a peut-être été un mal pour un bien. Et puis, il y a pire que moi. Il y a plein de gens qui galèrent, notamment en Afrique.
Natif de Montfermeil, une ville difficile de Seine-Saint-Denis, avez-vous surmonté beaucoup de difficultés avant d’intégrer le circuit ?
Mon enfance n’a pas été facile. Mais j’ai toujours su ce que je voulais. Je devais m’en sortir. Jeune, j’ai décidé de ne pas jouer à Montfermeil mais dans une ville voisine, Villemomble, ce club étant plus sérieux. Puis je suis allé au Red Star. Pour aller m’entraîner, j’avais une heure de transport. Pareil pour rentrer chez moi le soir où j’arrivais vers 23 heures. Mais ce n’était pas grave, j’aimais trop le foot. Ma mère me conseillait parfois de ne pas y aller. Je ne l’écoutais pas ! Le foot a été un moyen de m’en sortir.
Auriez-vous pu prendre un mauvais chemin ?
J’aurais pu mal tourner, effectivement. Heureusement que j’avais le foot. La plupart de mes potes sont encore dans la cité. Pas besoin d’en rajouter, on sait tous comment ça se passe dans les quartiers…
Venons-en à l’équipe de France. Etant d’origine africaine, avez-vous hésité longtemps lorsque René Girard vous a appelé en Espoirs ?
Dans ma tête, il n’y avait que deux possibilités : le Mali ou la France. J’ai beaucoup réfléchi. En choisissant la France, je prenais le risque de ne pas jouer en A. Mon choix s’est tout de même porté sur les Bleus, même si j’ai reçu beaucoup d’appels des dirigeants maliens. Ma famille était partagée. Elle m’a conseillé mais la décision finale m’appartient.
« J’aime bien le championnat anglais »
Le flou qui enveloppe Le Mans, toujours sans entraîneur depuis le départ de Frédéric Hantz, vous inquiète-t-il ?
Vous savez, nous les joueurs, on ne maîtrise pas ce genre de choses. J’espère simplement que le prochain coach sera bon et qu’il sera à l’image du MUC. Quant au départ de Hantz, c’est une mauvaise nouvelle. Il a fait du bon boulot. Daniel Jeandupeux, Alain Pascalou et Yves Bertucci (ndlr : respectivement conseiller du président, directeur technique et entraîneur de la réserve) m’ont beaucoup soutenu mais c’est Hantz qui m’a lancé. Il a obtenu mieux ailleurs.
Et vous ? Allez-vous changer de club après une saison prometteuse ?
Je veux rester un, voire deux ans de plus au Mans. Voilà pour mon avenir proche. Mon but est de rester et de jouer le maximum de matchs.
Lyon vous a suivi cette saison et vous apprécierait…
Je ne sais pas si c’est vrai. J’ai simplement lu cela dans les journaux. En tout cas, une chose est sûre : aucun dirigeant lyonnais ne m’a contacté. C’est flatteur qu’un si grand club s’intéresse à moi.
Un championnat vous attire-t-il en particulier ?
J’aime bien le championnat anglais. Il correspond bien à mon jeu. Mais l’Espagne ne me laisse pas insensible. Mais ce n’est pas pour tout de suite…
Beaucoup de Manceaux sont annoncés sur le départ (Bangoura, Basa, Pelé, Grafite). Craignez-vous un exode ?
Si Bangoura ou Pelé venaient à partir, leur départ remplirait les caisses du club. Les remplacer sera difficile. Mais je fais confiance aux dirigeants. Et comme le MUC possède un bon centre de formation…
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